Vœux du groupe : intervention de Gérard FRAU, Président du Groupe Communiste

Mesdames, Messieurs,

Cher-e ami-e, Cher-e camarade,

 

Merci à toutes et à tous pour votre présence.

Je commencerai, comme il est de coutume, par vous souhaiter à toutes et tous une bonne année 2023 : une année de santé, bien sûr, solidaire, / combative, / pleine de rêves, et par vous dire tout le plaisir que j’ai de vous retrouver pour partager avec vous ce moment convivial qui nous a tant manqué ces 2 dernières années.

Le groupe communiste au département est composé d’Audrey GARINO, élue sur Marseille et de Magali GIORGETTI, ma binôme port de boucaine sur le canton de Martigues.

Mais/ si nous ne sommes plus que trois, / cela ne nous empêche pas de porter, dans toutes les instances, nos valeurs et nos propositions pour un Département solidaire et de nous opposer, j’y reviendrai plus tard, à              la politique du département.

Alors que nous souhaiter ? L’année 2023 s’ouvre dans un contexte singulier avec une crise sociale qui touche un grand nombre d’entre nous.

Les fortes mobilisations en cours pour le droit à la retraite montrent combien trop c’est trop. La crise sanitaire, les inégalités sociales de plus en plus importantes font grandir la colère. D’autant qu’une fois encore ce sont les catégories populaires, les plus fragiles, qui sont touchés.

Et les choix engagés par la majorité départementale restent fidèles aux orientations prises depuis son élection en 2015 et ne répondent pas aux immenses besoins de notre population et au rôle que devrait tenir notre institution en matière de solidarité.

Le Département, chef de file de l’action sociale, devrait tenir le cap de la solidarité… mais nous sommes loin du compte !

Audrey GARINO, lors de notre dernière séance publique, relevait une baisse de 33 millions d’euros de crédit pour l’insertion professionnelle et le RSA.

Elle rappelait que la cour des comptes a réaffirmé que le RSA contribue sensiblement à la réduction de la grande pauvreté en France.  Alors on peut s’inquiéter des mobiles de ces choix : un optimisme sur l’évolution économique ? – on peut s’interroger sur la valeur de cette hypothèse – ou le choix délibéré d’exclure certains de ce dispositif.  D’ailleurs, la volonté de la majorité est d’être un des 19 Départements à expérimenter le RSA sous condition dans le cadre de France Travail n’est pas là pour nous rassurer ! A cela s’ajoute une orientation nationale qui veut faire entrer l’insertion dans les marchés, c’est à dire mettre en concurrence leur fameuse concurrence libre et non faussée, tous les acteurs de ces politiques.

La pauvreté, même si elle se stabilise, reste importante comme le confirme le 3e rapport de l’Observatoire des inégalités (4,8 millions de personnes à moins de 980 € c’est 9 millions si on compte celles et ceux qui gagnent moins de 1 100€ par mois) et il en va de même pour la grande pauvreté (2 millions de personnes), et le nombre de sans domiciles fixes (300 000 personnes), la jeunesse de cette population et leur implantation dans les villes (63% des pauvres y vivent). En effet, les pauvres c’est d’abord les enfants et les jeunes !  Et la réforme des retraites annoncée, cumulée à celles de l’assurance chômage va être une nouvelle machine à créer de la pauvreté comme le démontre le journal la Marseillaise de ce jour.

Au passage, je tiens à saluer les associations et leurs bénévoles qui défendent chaque jour et chaque nuit les valeurs : de solidarité, de partage, de fraternité, celles qui œuvrent contre les injustices, pour l’entraide et la solidarité dans nos cantons et dans le département.

A l’image aussi de ce que nous faisons dans nos villes, nous en savons quelque chose à Septèmes, Port de Bouc ou Martigues et ce que mets en œuvre, depuis 2020, la ville de Marseille, souvent sous la houlette d’Audrey avec le CCAS, pour développer la solidarité.

De notre côté, le groupe communiste du Département, nous sommes intervenus à de nombreuses reprises par la voix de Magali GIORGETTI sur les défaillances des dispositifs de protection de l’enfance. La chambre régionale des comptes a d’ailleurs dressé un bilan très sévère sur le sujet.

Sur notre territoire, de trop nombreux enfants, pour lesquels un magistrat a ordonné une mesure de protection, se retrouvent sur liste d’attente pour accéder aux services d’action éducative en milieu ouvert.

Ce phénomène, préexistant depuis quelques années, le rapport de la cour des comptes indiquait la problématique des situations en attente : elles étaient 246 début 2019 et ont atteint 880 fin septembre 2021. Quant à la prise en charge des mineurs non accompagnés, malgré les avancées, il reste encore des moyens à mettre en œuvre pour répondre pleinement aux obligations légales en terme d’accueil.

Nous le savons, ces choix nécessitent des moyens : ouverture de places d’hébergement, de foyers, création de postes d’agents – aujourd’hui 200 postes ne sont pas couverts sur les MDS. – Nos Maisons de la Solidarité-

Les travailleurs sociaux de notre collectivité sont épuisés, les files actives sont saturées, et des enfants sont contraints de dormir dehors ou de rester au domicile alors que des mesures d’éloignement sont préconisées.

Notre collectivité a le devoir de les accompagner et de tout mettre en œuvre pour que chaque enfant ait le droit de vivre et de grandir avec tous les moyens nécessaires à son développement.

Alors madame la Présidente soulignera les efforts pour les collégiens avec la carte et les fournitures scolaires.

Et lorsque des mesures positives sont prises nous les votons et les saluons à l’image de la maison des aidants, par exemple.

Mais annoncer par voie de communication, à Noël, que seront versés 150 € sur la carte collégien alors que ce sont les même 150 € déjà versés en septembre/ c’est tromper sur la marchandise et décevoir les jeunes et les familles qui ont cru pouvoir disposer d’un budget supplémentaire pour Noël ! C’est créer de l’illusion et du rêve pour ensuite le faire éclater en vol…

J’ai reçu des mamans et leurs enfants qui attendaient ce versement et j’ai dû leur annoncer qu’il n’en serait rien.

C’est pour moi, pour nous, inacceptable !

Martine Vassal dans ses vœux à la presse et au personnel appelle les principaux acteurs de la vie de notre territoire à participer aux « États généraux de Provence #2 », pour donner leurs solutions et bâtir l’avenir de la Provence.

La Saison deux sera-t-elle aussi peu utile aux habitants que la première ? à ce jour la participation à ce qui devrait être une grande consultation se résume – je suis volontairement grinçant – à faire rayonner la culture provençale … quel projet ! Cela ne va pas aider à susciter l’intervention des habitantes et habitants de notre département.

La démocratie a besoin de plus pour être utile au plus grand nombre et nous comptons être utiles à la population des Bouches du Rhône, en poursuivant notre travail avec elle pour construire un projet pour un département solidaire.

J’ai entendu dire qu’il y avait eu 4 500 contributions aux États Généraux. Dans un département de deux millions d’habitants c’est comme si proportionnellement, nous avions faits / à Martigues/ des grands États généraux réunissant… 100 personnes alors que nos conseils de quartier réunissent, chaque année plus de 1 500 habitantes et habitants.

Pourquoi je dis ça ?

Parce que depuis des années, avec Jean-Marc CHARRIER puis avec Claude JORDA, nous demandons la création de Conseils de canton et une véritable politique de démocratie et de services publics.

C’est ainsi que nous intervenons au quotidien dans nos cantons avec cette même envie et cet objectif de transformer et changer beaucoup…

Nous avons eu la séance du budget du CD 13 il y a un mois.

Dans la situation sociale où nous sommes, / où se trouvent nos population / le choix a été fait par la majorité départementale de baisser le budget de l’insertion, de la culture, du sport, de l’aide à la vie associative, de l’aide aux associations caritative et de l’aide aux Centres Sociaux.

Ils mènent la politique du « mieux que rien ». Nous le disons, mieux que rien ce n’est pas assez !

Nous avons reçu, début décembre les Fédérations de centres sociaux qui sont en première ligne dans les quartiers et pour lesquels une nouvelle baisse des moyens serait catastrophique, pour elles, bien sûr, mais surtout pour les habitantes et habitants de nos quartiers.

Si le Département subit de plein fouet, / comme toutes les collectivités, / les hausse de l’énergie et des matières premières, les contraintes budgétaires dues à l’effet de ciseau entre la stagnation des ressources et la hausse des dépenses réelles de fonctionnement, il n’en reste pas moins que le département des Bouches du Rhône est un des plus riches de France et des choix politiques et budgétaires forts sont possibles pour orienter les moyens vers les compétences majeures de notre collectivité que sont l’insertion, la solidarité, la protection de l’enfance, le handicap où le logement.

C’est ce que nous défendons inlassablement !

Avant de conclure, je voudrais que nous ayons une pensée pour Jacques PERROT, décédé hier et qui a été le Maire d’Arles et Conseiller Général pendant plus de quinze ans, élu en 1973 puis réélu en 1979 et 1985 avant de laisser la main à Hervé SCHIAVETTI.

Vous l’avez vu / nous avons choisi de mettre nos vœux cette année sous le thème des rêves et d’Aragon, ce centenaire doit nous engager vers un monde de poésie et de rêves réalisés pour construire le Département, le pays, le monde au service de toutes et tous.

Louis Aragon, dans ses vers nous disait : « Nous étions faits pour être libres, nous étions faits pour être heureux ». Je compte bien avec mes collègues du groupe, avec votre soutien, porter notre action au niveau de cette ambition.

Merci, et une nouvelle fois très belle année à toutes et tous.

Seul le prononcé fait foi

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