
Madame la Présidente,
Monsieur le rapporteur du budget,
Chers collègues,
Le rapport de ce budget supplémentaire que nous examinons, ne contient pas de modifications visant à modifier les grands équilibres budgétaires de notre institution décidés le 14 Avril dernier lors du vote de notre budget primitif. Le CA retrace et confirme ces orientations.
Et pourtant, les besoins d’accompagnement s’intensifient pour les plus fragiles, tant en matière d’aide sociale à l’enfance qu’en direction des personnes en situation de handicap ou des familles qui vivent dans la grande pauvreté. L’Etat nous abandonne de plus en plus. L’AMF annonçait le 18 juin 2025 avoir atteint la journée du dépassement en matière d’action sociale des Départements, c’est-à-dire le jour de l’année à partir duquel l’Etat ne finance plus l’aide sociale.
Les besoins s’intensifient et le bouclier social que doit être notre collectivité comporte encore beaucoup de trous.
Dans l’application de la loi mal nommée « plein emploi » vous avez choisi de ne pas être aux côtés de nos citoyens/bénéficiaires en appliquant les sanctions les plus élevées, mettant en péril les conditions d’existence des allocataires.
Alors que nous multiplions les délibérations pour attribuer le suivi et le contrôle des allocataires à telle ou telle association, que vous essayez d’améliorer les chiffres de sortie en leur proposant de créer des entreprises, la réalité nous accable toujours : les habitants souffrent et nous sommes d’après l’Insee le 6eme Département le plus inégalitaire de France métropolitaine.
Les professionnels de la protection de l’enfance se mobilisent depuis de longs mois pour remettre à plat une situation invivable : sommés de faire toujours plus au fil des lois votées avec toujours moins. Les associations, regroupées en collectif, sont en souffrance, les travailleurs sociaux sont pressurisés et le seul argument qui leur est donné est comptable, ils seraient juste de mauvais gestionnaires incapables de faire plus avec moins.
Et, cerise sur le gâteau, on leur concocte une réforme des diplômes d’état qui va altérer la qualité de la formation et la valeur des diplomes.
Pourtant ni ces travailleurs ne sont devenus riches, ni les locaux qu’ils occupent se sont mués en palais. Nous refusons de silencier autant d’associations qui ont la tâche immense d’accompagner les enfants. Au contraire, alors que toute la chaîne de la protection de l’enfance déraille et j’inclue bien sur l’immense responsabilité de l’Etat qui est le premier déficient en la matière, nous avons la charge d’écouter et de rassembler.
Gageons, madame la Présidente, que les assises de la protection de l’enfance prévues les 18 et 19 novembre prochain permettront d’apporter des réponses, en associant tous les acteurs.
Gageons également que la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, inscrite enfin à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale ne soit ni dépourvue de son sens et de ses propositions, ni des moyens qui seront nécessaires à sa mise en œuvre.
Car, et nous n’avons jamais hésité à le dire, l’exécutif départemental n’est pas seul responsable de tout, et les décisions prises par le Gouvernement de construire et faire voter des budgets austéritaires pour les uns et fastueux pour les plus riches et les grandes entreprises n’a fait que précipiter nos collectivités dans des arbitrages douloureux. Car en claironnant la suppression de milliards d’impôts pour les entreprises –211 milliards d’exonérations de charges qui sont captés essentiellement par les plus grosses –c’est en fait les collectivités, dont la nôtre bien sûr, qui allaient en payer le prix.
Nous ne levons plus l’impôt et sommes contraints à jouer le bras de fer tous les ans à l’occasion du vote de la loi de finances pour éviter de nouvelles restrictions. Nos actes budgétaires (BP, BS) doivent être de plus en plus volontaristes en matière de solidarité.
Car nous pensons que la solidarité et le service public demeurent les seuls à même de réparer ce que les politiques libérales cassent dans notre pays.
Les volontés qui s’expriment à la droite-extrême et à l’extrême-droite pour la prochaine échéance électorale, dont la voix se renforce aussi sur les bancs de notre hémicycle, ne laissent que peu de doute quant aux populations qui seront sacrifiées les premières.
Il est, de notre point de vue, d’autant plus urgent de lutter contre ces logiques et de changer de priorités.
Je vous remercie,