Claude JordaMadame la Présidente,

Mes chers Collègues,

Une fois n’est pas coutume, permettez-moi de commencer mon propos par une citation, celle de la convention internationale des droits de l’enfant : « L’enfant est reconnu, universellement, comme un être humain qui doit pouvoir se développer physiquement, intellectuellement, socialement, moralement, spirituellement, dans la liberté et la dignité. »

3 700 enfants sont confiés à l’A.S.E dont près de 800 mineurs isolés étrangers. Il est même annoncé une prévision de hausse pour près de 200 enfants concernant les MNA.

La protection de l’enfance est au cœur de notre mission, et nous avons la responsabilité d’assurer le développement et le bien-être de chaque enfant.

D’abord, nous devons reconnaître que des efforts importants ont été faits sur ce secteur. En particulier sur l’accueil des MNA et sur la situation des personnels dans les MDS – il faut dire qu’ils ont su se faire entendre.

Mais il reste encore, de notre point de vue, des questions que nous souhaiterions partager.

D’abord, il nous faut réaffirmer les droits des enfants.

En effet, les travailleurs sociaux nous alertent sur le fait que trop souvent ce sont les droits des parents qui sont mis en avant, quelquefois par manque de place,  les mineurs sont alors placés à domicile – je sais Madame la Présidente que vous n’êtes pas favorable à ce choix – mais aussi parce que la justice privilégie cette option.

De ce point de vue les Assistant-es de Service Social demandent à être plus soutenu-es, et ce dans l’intérêt de l’enfant et il est nécessaire de créer des places d’accueil d’urgence qui soient adaptées à ses besoins et lui permettent d’affronter ses premières nuits dans de bonnes conditions d’accueil et d’accompagnement.

Vous le soulignez dans votre rapport, 21% des enfants sont placés en familles d’accueil mais le nombre d’Assistantes Familiaux continue de diminuer.

C’est un métier difficile, pour lequel des compétences importantes sont nécessaires, au-delà des questions salariales, qui restent une vraie demande.

Les accompagnements et la formation doivent permettre à ces personnels de mieux appréhender leur fonction et provoquer de nouvelles vocations.

Le Département va accompagner d’ici 2019 près de 1000 mineurs étrangers.  Ce n’est pas rien pour notre collectivité et pour les équipes qui sont à leurs côtés.

C’est d’ailleurs une situation inédite, et ne pensons pas, qu’elle va aller en s’améliorant : les conflits, la misère et les migrations climatiques sont sources de déplacements de plus en plus importants.

Comment pourrions-nous y échapper ? Cela arrivera peut être ici même un jour.

800 d’entre eux sont déjà hébergés et suivis par le département, soit en établissement, soit à l’hôtel.

Je l’ai dit, des efforts importants ont été mis en place par notre collectivité et le niveau de prise en charge de l’Etat n’est pas au  niveau.

Je le répète, nous sommes prêts à mener avec vous les combats pour que cette situation change.

Mais il reste encore des enfants à la rue et certains se voient confinés le week-end dans leur chambre d’hôtel.

Ce qui m’amène à faire des propositions, d’abord concernant l’accompagnement, il nous semble que notre collectivité est garante du bon développement de ces enfants et doit donc effectuer des contrôles auprès des associations pour lesquelles ce service a été externalisé. D’ailleurs il serait nécessaire qu’un service puisse être dédié à cette question.

Ensuite il nous paraît impossible de ne pas accompagner ces enfants jusqu’à leur stabilisation. Si nous voulons répondre à la convention des droits de l’enfant, il nous faut généraliser les contrats jeunes majeurs pour leur assurer une vie digne et leur permettre de s’installer dans la vie.

Pour répondre à l’ensemble de ces problématiques, il nous faut entendre les travailleurs sociaux et administratifs de ces services et leurs représentants en y consacrant un effort maximal : des moyens humains pour renforcer ces services et améliorer l’accueil des enfants par notre collectivité.

Je vous remercie.

Seul le prononcé fait foi

Séance Publique du 14 décembre 2018 – Rapport N°4 – BP 2019 : délégation PMI, Enfance, Santé, Famille – Intervention de Monsieur Claude JORDA

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