DSC_0009Madame la Présidente,

Mes chères et chers collègues,

 

Ce rapport n’est pas seulement un bilan d’activité des services, il communique sur l’action quotidienne, comme sur les actions d’urgence.

Ce bilan permet de rendre compte d’abord parce que c’est un devoir, celui de rendre compte aux citoyens, et pas seulement de l’utilisation de l’argent public.

Mais aussi parce que cela est de nature à rafraichir quelques mémoires sur l’importance du Département, de ses actions  à condition qu’il reste au plus près des citoyens et de leurs territoires, pour protéger, pour impulser, pour accompagner.

Il démontre à ceux qui pensent qu’il existe trop de fonctionnaires et de services publics que cette vision est dépassée et qu’au contraire, c’est de toujours plus de services publics dont notre Département, notre société, ont besoin !

D’ailleurs nous ne partageons pas cette idée qui voudrait faire croire qu’il faut économiser et donc baisser le nombre de fonctionnaires. C’est pourquoi avec mes collègues nous sommes engagés contre le projet de loi de transformation de la fonction publique, qui consacre le rêve des néolibéraux de tous bords par l’attaque qu’il porte contre le statut du fonctionnaire, lui-même indissociable de l’exercice de l’intérêt public. Dans tous les projets de loi qui sont proposés par l’équipe gouvernementale – celle-là même avec qui vous voulez discuter à Marseille, Madame le Présidente, nous voyons la place de l’intérêt public se réduire radicalement au profit de la logique marchande.

Dans nos cantons, ce que nous voyons au quotidien, ce sont des agents du Département exemplaires, dévoués, qui font de leur mieux avec des moyens rognés. Ce document nous permet de démontrer l’engagement des agents et de notre collectivité et j’en profite pour les remercier. Dans les MDS auprès des familles et des enfants, dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap, dans les services en charge du lien avec les associations, ceux de la culture, de la communication.

Sans oublier les sapeurs-pompiers qui vous l’avez vu ont décidé de déposer un préavis de grève au niveau national avec 7 de leurs syndicats pour cet été.

Ces professionnels, comme les volontaires,   sont à bout : manque de moyens, de matériels, d’effectifs, de reconnaissance par l’Etat… comme d’autres en France ils revendiquent le retrait de la réforme des services publics. Nous avons dans ce contexte un rôle à jouer, car nous ne devons avoir comme seule ligne de conduite : l’intérêt des populations de notre territoire.

Permettez-moi quelques remarques sur les éléments fournis dans ce document.

Tout d’abord vous indiquez sur le chapitre Communication : « 170 demandes de presse, 110 invitations et 53 communiqués » ça, nous avions remarqué ! On vous voit partout Madame la Présidente…

Enfin partout, surtout à Marseille comme l’indique la une de notre dernier accents qui ressemble à s’y méprendre à une affiche que je qualifierai d’électorale…

Concernant le Service Culture vous comprendrez que je saisisse ce moment pour demander quelques explications après le mouvement de grève des agents de ce secteur. Les personnels des archives, de la bibliothèque, des musées s’inquiètent des orientations qui sont prises et des choix en matière de programmation qui semblent régulièrement remis en cause. L’égalité d’accès au Services public et l’équilibre culturel semblent remis en cause. Les personnels ont le sentiment de ne pas être respectés, et qu’on ne les laisse pas accomplir leur missions ! Notre collectivité avec son volet solidarité nous engage à  construire et valoriser la mémoire et le patrimoine, encourager le livre et la lecture, développer le spectacle vivant et cela partout et pour tous !

Le livre est une porte ouverte vers l’imaginaire, la maîtrise de la langue – orale et écrite –, la transmission des cultures, la compréhension du monde qui nous entoure et de nous-mêmes. Pour répondre à la compétence obligatoire en matière de lecture publique, le Département avait engagé un travail partenarial avec les bibliothèques des communes, reconnus par tous. Il serait dommage d’abandonner ce secteur.

 » L’intelligence est à la croisée des chemins. Il lui faut choisir ! La guerre ou la paix, la servitude ou la liberté, la haine ou l’amour, le mensonge ou la vérité, la passivité ou l’action, la misère ou le bien-être créateur ? Qu’elle décide ! » 

Quelle formidable résonance actuelle dans ces mots tirés d’un discours désormais célèbre de Paul Vaillant-Couturier d’octobre 1936 et qu’il concluait en invitant, face au fascisme, à des “États généraux de l’intelligence française”. Quelle sera la route choisie par notre collectivité ?

Dans le chapitre Action sociale : vous indiquez la mise en œuvre du plan pauvreté et la finalisation de l’appel à projets du dispositif d’accueil des enfants et adolescents. Cet appel à projets mériterait que nous puissions en discuter avant de nouveaux échanges sur le schéma départemental concerné.

D’ailleurs les assistantes familiales présentes ce matin devant l’hôtel du Département demandent ce dialogue au sujet de la revalorisation de leur prime de fin d’année. Il faut les entendre, il faut les rencontrer, il faut répondre à leur juste revendication d’équité.

Concernant le plan contre la pauvreté, même si  des  mesures nouvelles sont bonnes à prendre, notamment la mise en place de maraudes mixtes, le référent parcours,  la lutte contre le renoncement aux soins, le boost emploi … Il n’en reste pas moins que les réponses de l’Etat  sont loin de répondre aux difficultés du quotidien de millions de personnes.
Par-delà les dispositifs spécifiques pour faire face à l’urgence, il faut une République des droits, une République de l’égalité, et certainement pas une République abandonnée aux premiers de cordée.  On en revient toujours à l’idée de la nécessité  d’un véritable service public de la petite enfance, d’un service public renforcé de l’insertion, et de fixer le cap d’une prise en charge des soins à 100% par la sécurité sociale, cela suppose de ne pas briser le mouvement HLM et de développer l’offre publique de logements, cela suppose un véritable droit à la retraite, cela suppose une augmentation du SMIC et des salaires, cela suppose une nouvelle ère pour les personnes en situation de handicap…
Monsieur Emmanuel Macron a donné beaucoup aux riches, il annonce aujourd’hui donner un peu aux pauvres. Ce plan est encore loin des ambitions nécessaires qui concernent l’ensemble de la société. Il lui faudra aussi prendre en compte toute la spécificité de notre collectivité et ne pas décider d’une fusion qui n’aurait pour seul but que faire des économies alors que nos populations ont au contraire besoin de plus de services publics !

 

Je vous remercie,

 

Seul le prononcé fait foi

 

Séance Publique au CD13-27 juin 2019-Budget supplémentaire et DM1-Intervention de Claude JORDA

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