Monsieur le Préfet,
Avec la crise sanitaire et économique engendrée par l’épidémie du COVID-19, les éleveurs taurins du Pays d’Arles se retrouvent en grande difficulté. L’annulation des manifestations taurines comme les courses camarguaises et les corridas, mais aussi la suppression des traditionnelles courses de fêtes de villages de type abrivado et encierro ont meurtri l’activité de nombreux éleveurs arlésiens. En effet, une note en date du 17 mars 2020 de la Fédération Française de Course Camarguaise faisait état d’une perte de 407 900 euros pour les manadiers (118 courses camarguaises annulées), entre le 13 mars et le 5 mai 2020. Les pertes sèches estimées entre le 13 mars et le 31 mai pour les 116 manades de la Fédération des Manadiers s’élèvent à 3 011 313 euros, pour des charges identiques, voire augmentées par une conduite de troupeau modifiées (fourrages, augmentation du cheptel par baisse d’abattage viande). Le territoire des Bouches-du-Rhône comporte 43 manades adhérentes, soit 37% des inscrits

Pour ce qui est de l’Association des Eleveurs Français de Taureaux de Combat, elle enregistre auprès de ces membres (50 adhérents pour l’année 2020) une perte sèche de 1 500 000€ avec l’annulation d’environ 300 spectacles prévus. Une perte à laquelle il faut ajouter les coûts en fourrage des taureaux n’ayant pu être conduits dans les arènes. Le territoire des Bouches-du-Rhône compte 37 ganaderías, soit 67% des inscrits à l’Association.

De plus, l’inactivité imposée à nos éleveurs durant cette période de confinement n’a pu être compensée par la vente de viande taurine qui connaissait déjà des jours difficiles en France, dûs aux mouvements animalistes et à la faible aire géographique de commercialisation, avant la crise sanitaire que nous traversons.
L’arrêt de l’activité touristique n’a pas non plus permis aux éleveurs de maintenir une autre source de revenus.
Après avoir attendu une subvention de la part de la Région Sud (qu’ils n’ont toujours pas obtenue) les éleveurs arlésiens s’en remettent au Ministère de l’Agriculture afin d’être soutenus.
Comme vous le savez, le Pays d’Arles est une terre d’élevage et de tradition. Nous nous devons de venir en aide à ce secteur économique représentatif de notre culture, de notre patrimoine, de notre écosystème et de notre histoire.

De nombreuses corporations ont été soutenues afin de pallier le manque à gagner engendré par la crise. L’impact du COVID-19 sur l’économie des éleveurs est tout aussi important que celui qui affecte actuellement le tourisme, car ces deux secteurs dépendent énormément de la période estivale et des nombreuses manifestations qu’ils organisent.
C’est pourquoi, je me permets d’interpeller le Ministère de l’Agriculture concernant l’urgence que traversent nos éleveurs taurins sur le territoire d’Arles afin qu’une aide financière directe leur soit attribuée et que l’élevage demeure à la fois une fierté territoriale et un secteur économique majeur au sein de notre agriculture.
En vous remerciant pour l’attention prêtée à ma requête, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma parfaite considération.

Nicolas KOUKAS écrit au Préfet sur la situation des éleveurs taurins.

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