Claude JordaMesdames et Messieurs les élu-es,

Mesdames et Messieurs les Présidentes et Présidents d’associations,

Madame la Présidente de l’Amicale des Arméniens de Gardanne, chère Patricia.

 

Émotion partagée, respect et devoir de mémoire marquent encore aujourd’hui la commémoration de ce premier génocide du XXème siècle, et hélas pas le dernier.

104 ans nous séparent de ce funeste 24 avril 1915 où l’assassinat à Constantinople de 600 arméniens n’était que le prélude au meurtre de deux millions de personnes, majoritairement dans la population arménienne de l’empire turc.

Deux millions de personnes de tous âges et de toutes conditions perdront ainsi  la vie, victimes de la barbarie, des dizaines de milliers d’autre seront contraintes à l’exil. Notre ville, notre Région en sont les témoins.

Je suis attaché, comme l’ensemble des élu-es communistes du Département, à être à vos côtés pour nous souvenir et rappeler ce pan de l’Histoire de notre continent, pan de l’Histoire si longtemps occulté par les puissances occidentales et nié par l’Etat turc.

Son sinistre Président Erdogan fustige encore aujourd’hui la décision de la France de consacrer par décret la journée du 24 avril à la commémoration du génocide arménien.

Selon le ministre turc des affaires étrangères qui a réagi quelques heures après la publication du décret « l’attitude de la France, qui est loin d’être amicale, aura inévitablement un impact négatif sur ses relations avec la Turquie ».

Par ces propos, qu’on pourrait assimiler à des menaces, voire du chantage, l’Etat turc reste dans l’esprit de l’œuvre génocidaire entreprise par ses aînés il y a plus d’un siècle.

Cette attitude est lourde de conséquences d’abord pour ceux qui ont vécu ces horreurs, et aujourd’hui leurs descendants, attitude lourde de conséquence ensuite, parce qu’elle justifie aussi la négation de tous les autres crimes contre les peuples : le génocide juif et tzigane de la seconde guerre mondiale, le massacre de Tutsi au Rwanda, l’épuration ethnique en ex Yougoslavie, les guerres au Yémen, au Proche Orient, dans le haut Karabagh, les attentats en Nouvelle Zélande ou au Sri Lanka….

Comme Jean Jaurès le disait en novembre 1896 quand déjà 20 000 arméniens avaient été exécutés sur ordre du sultan Abdulamid II : « l’Humanité ne peut vivre éternellement avec dans la cave le cadavre d’un peuple assassiné.»

Alors commémorer aujourd’hui encore plus fortement le génocide arménien comme emblématique de tous ceux qui suivront, ce n’est pas seulement se rappeler le passé, c’est appeler à la vigilance.

La morale démocratique doit imposer le combat contre la tyrannie où qu’elle soit.

« Assez de cadavres de peuples assassinés, dans nos caves »…….

Le clivage n’est pas entre les peuples du monde entier, mais bien entre la  démocratie et le négationnisme associé à l’absolutisme.

   Seul le prononcé fait foi

Gardanne Mercredi  24 AVRIL 2019

COMMÉMORATION DU GÉNOCIDE ARMÉNIEN : Intervention de Claude JORDA – Gardanne

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