Rapport sur les orientations budgétaires 2026

Madame la Présidente,

Monsieur le rapporteur du budget,

Chers collègues,

Nous entrons dans ce cycle budgétaire au Printemps contrairement à la coutume ; dans un contexte politique international inquiétant et des indicateurs économiques nationaux peu rassurants, sans moteur de croissance.

Nous entrons dans ce cycle budgétaire alors que les agent.es de la DGAS sont en grève, pour l’amélioration de leurs conditions de travail et pour défendre leurs missions d’accueil, d’accompagnement et de protection des publics, notamment des enfants. Il faut en prendre acte et travailler nos orientations en conséquence ! MDS, PMI, ASE, Insertion, ils et dénoncent, je reprends leurs mots, une situation catastrophique inédite. Je les assure de tout le soutien de notre groupe.

Le PLF pour 2026 n’a été qu’une nouvelle capitulation de l’Etat face à la pression des marchés, du MEDEF et des privilégiés, soutenu par la droite et le R.N. dans son obstination à refuser toute nouvelle recette et faisant ainsi reculer la solidarité nationale. Peut-être que les efforts dont vous venez de parler sur le fonctionnement sont aussi la cause de cette situation. Le Gouvernement change souvent mais au fond garde le même cap : un logiciel libéral qui prend l’eau.

Entre les coupes sèches pour la transition écologique et la ponction scandaleuse sur les collectivités nos territoires paieront le prix de cet entêtement. Nos communes et notre département en premier lieu.

Même si les arbitrages finaux de la représentation nationale ont légèrement évolué en faveur des collectivités, nos recettes vont une nouvelle fois – une fois de trop ? – être en baisse alors que la seule fiscalité indirecte qui nous reste place notre Département à la merci de conjonctures sur lesquelles nous n’avons que peu de pouvoir.

L’annonce d’une énième loi de décentralisation, au vu de ce qui la précède, nous fait craindre le pire.

Malgré l’optimisme de notre rapporteur, ces contraintes, et l’effet de ciseau qu’elles engendrent, il nous faut assurer les missions dont nous avons la charge, particulièrement de la plus importante : celle des solidarités. 

Vous estimez le besoin supplémentaire pour 2026 à +3,8% dans le domaine des solidarités, cette petite hausse ne nous semble pas à la hauteur des besoins tant l’année passé a été le théâtre de mobilisations importantes issues des professionnel et de diverses structures de la solidarité, plus particulièrement de la protection de l’enfance. Ils et elles ne sont pas d’une ville en particulier mais tous et toutes alarment quant aux manques de moyens alloués à leurs missions fondamentales.

Pour les politiques d’insertion, vous avez voté il y a peu un régime dur de sanctions qui nous jugeons inopérant pour les allocataires. Ceux-ci subissent contractualisation et offres d’accompagnement qui demandent à être évaluées sérieusement. En effet, sont votées des subventions à des entreprises pour aider les allocataires à créer une entreprise, ce qui apparait à tout le moins ironique. D’autant que le rapport le précise : il y a peu de création d’emploi dans notre Département par rapport à la population active. Aussi, il nous faut sortir d’une posture répressive et travailler en profondeur les freins à l’activité, qui sont tout autant sociaux qu’économiques.

Concernant le handicap, nous sommes interpellés régulièrement par des citoyens, des parents qui ne comprennent pas ce qu’ils doivent faire pour être soutenus et accompagnés tant le fonctionnement de l’octroi d’aides est labyrinthique.  Il faut, en lien avec la MDPH, mieux accompagner les familles et fluidifier les relations. L’augmentation de la consommation du budget de la PCH devrait aussi nous encourager à engager des moyens de lutte contre le non-recours, qui d’après un rapport de la Cour des comptes de décembre 2025 concernerait notre département en premier lieu. 

Les politiques de l’enfance sont, vous le savez, dans une situation qui a dépassé le seuil critique.

Toutes les institutions en charge jusqu’à l’Etat ont failli. Les enfants protégés doivent bénéficier de moyens plus substantiels, tant dans l’hébergement dont la dignité doit être assuré que dans les mesures prodiguées. Les professionnel.les ne sont pas assez nombreux et les conditions des mesures demandent une réévaluation pour s’adapter aux enfants. Le département doit faire un grand geste en direction de ce secteur. Par ailleurs, nous souhaiterions avoir un bilan de la politique d’accueil et de prise en charge des mineurs non accompagnés, dont le nombre en situation de rue est important. Les assises de la protection de l’enfance doivent en être l’occasion d’autant qu’une nouvelle loi est annoncée.

Enfin, nous espérons que l’attribution de l’enveloppe dédiée à l’aide aux communes tienne compte de certaines observations de la chambre régionale des comptes que nous avons relayées ici quant aux effets d’aubaines crées, qui représentent parfois une dépense superflue pour notre collectivité.

Nous sommes face à des besoins croissants en plus grande proportion que les budgets alloués, il nous appartient de répondre aux problématiques sociales dès qu’elles se présentent à nous car elles ne disparaitront pas. Un allocataire du RSA éloigné de l’emploi ne trouvera pas un travail avec un coach, un enfant en situation de handicap ne cessera pas de l’être tout comme un mineur confié à l’ASE ne grandira pas tout seul. C’est le but premier que nous suivrons dans l’examen du budget que nous examinerons le mois prochain. Je vous remercie.

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