Urgence pour l’hôpital public !

Depuis la fin des années 80, les gouvernements successifs s’acharnent sur la santé et  l’hôpital public.

Au lieu d’être un investissement utile, la santé n’est désormais plus présentée que comme un coût devenant chaque jour  plus insupportable pour les finances publiques. Mais répéter  un mensonge ne le change pas en vérité. L’objectif est de faire de la santé une marchandise parmi les autres, accessible à ceux qui pourront payer et générant du cash pour des actionnaires.

Pour cela il faut mettre à mal les deux institutions que sont la Sécurité Sociale d’une part, l’Hôpital Public de l’autre.

Quelques rappels ne sont pas inutiles. François Billoux, dont on commémore ce 14 janvier les 40 ans de la disparition, député communiste des Bouches du Rhône et ministre de la Santé Publique, rappelait qu’il avait refusé de faire supporter à la sécurité sociale les dépenses de santé qui incombent à l’État. En effet, la Sécurité sociale financée par  les employeurs et les salariée-es  gère leurs salaires différés.

Aujourd’hui on voudrait nous faire oublier cette vérité essentielle,  le salaire différé serait une « charge » et les malades des consommateurs. Un seul objectif dans tout cela, « la rationalisation » des soins.

La ministre Mme BUZIN ne propose rien d’autre que de poursuivre les politiques de casse précédentes, même si elle est obligée de reconnaître que la tarification à l’acte, -mise en place par Mme Bachelot ministre de Sarkozy et dénoncée en son temps par les organisations syndicales hospitalières-, a conduit les hôpitaux publics dans une impasse.

Chacun d’entre nous a pu le constater : les urgences sont au bord de la rupture, obtenir une consultation avec un spécialiste ou un lit à l’hôpital relève du tour de force. Les agents hospitaliers, toutes catégories confondues sont épuisés. L’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (APHM) n’échappe pas à la règle. Les suppressions d’emplois se poursuivent et la « réorganisation » est conduite dans le dos des salarié-es et de leurs organisations.

Après une importante mobilisation en décembre un nouveau rassemblement est programmé le 17 janvier à l’Hôpital Nord. Rassemblement auquel avec les élu-es de mon groupe nous participerons afin d’exprimer notre soutien et notre solidarité aux personnels soignants.

Les agents hospitaliers ne défendent pas seulement leurs conditions de travail, ils et elles se mobilisent pour notre droit à tous : accéder à des soins dans des conditions dignes.

Aussi, je me félicite que les député.es communistes aient décidé d’une rencontre le 10 janvier dernier avec une centaine de professionnels de santé de toutes catégories venus de toute la France, afin de relayer leurs préoccupations et de se faire l’écho de leur colère. Car disent-ils, « le constat est clair : partout dans le pays, la côte d’alerte est atteinte. Partout dans le pays, les personnels se mobilisent avec les populations de leurs territoires. Le PLFSS voté par la majorité pour 2018 va encore aggraver cette situation et augmenter la casse de l’hôpital public, mettant ainsi en danger la santé publique et l’égalité devant le droit à la santé. »

Le département des Bouches du Rhône dispose de plusieurs hôpitaux publics qui contribuent à faire de Marseille notamment une ville de référence, tant en matière de soin que de recherche médicale. Il s’agit là de notre bien commun, le Conseil départemental des Bouches du Rhône, comme d’autre collectivités,  soutient le développement de l’offre de soin   – et doit continuer à le faire – à l’hôpital public en aidant à financer des équipements innovants qui permettent d’améliorer la recherche, la prévention ou les soins en mettant ainsi à disposition les récentes technologies au service du plus grand nombre. Il doit contribuer au maintien et au développement de l’hôpital public.

Le groupe Communistes et Partenaires au Conseil Départemental, que je préside, ne cessera d’alerter la majorité sur cette question et soutient l’action des personnels de l’APHM. Et nous demandons :

  • L’arrêt des fermetures de services, avec des regroupements et des restructurations.
  • Le remplacement, la titularisation et la formation de l’ensemble des personnels soignants.
  • Un plan de sauvegarde de l’hôpital avec l’effacement de la dette.

 

Claude Jorda

Conseiller Départemental – Canton de Gardanne

Président du groupe Communistes et Partenaires

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