Claude JordaMadame la Présidente,

Mes chers collègues,

Comment ne pas être satisfait du choix qui est fait de faire du handicap une grande cause départementale. La poursuite des politiques en la matière en lien avec les associations est pour nous essentielle ; d’autant que le volet handicap est une compétence du Département.

Avoir des droits, les faire valoir, les exercer quand on est en situation de handicap, c’est le parcours du combattant.

Tout est compliqué, difficile, souvent douloureux : se déplacer, se faire entendre, se loger, faire instruire son dossier, trouver une place en établissement, un transport scolaire, scolariser un enfant ….le service public, les collectivités – en particulier la nôtre – ont la responsabilité de l’amélioration des parcours de vie, l’accompagnement des familles …

En tant  qu’institution, nous avons la responsabilité comme le souligne le rapport d’Yves Piveteau de « zéro sans solution ».

Cette affirmation  nécessite des choix clairs : sur les droits et l’égalité et la mise en œuvre de moyens.

Le Plan Handi-Provence 2018 ouvre des portes et permet de montrer que sur cette question le choix est d’aller au-delà du cadre légal. Très bien ! Jusqu’à il y a peu de temps une partie de ces compétences étaient assumées par le SDPH : qu’en sera-t-il demain ?

Permettez-moi de faire quelques remarques et propositions.

Je note avec intérêt la volonté de rendre accessibles les  transports : métro et gare St Charles à Marseille. Enfin, la loi de 2005 nous y oblige depuis 12 ans déjà ! Et j’imagine que ce point est en lien avec l’agenda mobilité de la Métropole qui indique : Gare souterraine LGV, RER métropolitain, nouvelles lignes de tramway et de métro à Marseille, voies apaisées, transports propres, logistique urbaine performante et non polluante, BHNS un peu partout, réseau express métropolitain, accessibilité aux personnes handicapées…

Nous aurons à travailler sur cette question au-delà de la seule commune de Marseille en lien avec la Région.

Le rapport  pointe la MDPH au cœur de l’ensemble des projets tels que  le partage de données entre MDPH et MDS mais aussi des prestations de conseil et d’assistance. Pour rappel, sur cette seule question de l’accessibilité des moyens existaient : deux architectes, dont le travail à la MDPH était essentiellement dédié à cette question. Avec les élu-es de mon groupe nous espérons que cette décision sera l’occasion de pouvoir remettre cette spécialité au cœur de ce dispositif.

La MDPH passe donc de bureau d’enregistrement des droits à un accompagnement aux projets de vie. La question qui peut donc se poser est de quels moyens, humains et autres, supplémentaires, cet outil va-t-il disposer, car il ne me semble pas avoir vu d’augmentation de budget pour la MDPH.

Nous avons vu que le Département souhaite être exemplaire dans ses propres services et propose que le Restaurant administratif puisse être géré par un ESAT. Comment ne pas être d’accord pour les personnes qui vont pouvoir y travailler et pour le personnel qui va pouvoir recommencer à déjeuner équilibré – c’est vrai qu’au moment où de grandes campagnes sont lancées à ce sujet : 5 fruits et légumes  par jour et j’en passe… que nous ne soyions capable de proposer que des sandwichs et salades dont je tairai la marque, c’est limite !

Être exemplaire c’est aussi, comme le souligne le rapport, l’embauche de personnel en situation de handicap au-delà des obligations légales soit 6%. Sur cette question nous serions intéressé-es de savoir où nous en sommes.

Avant de venir à la question  des aidants, quelques questions sur le volet des accueils et/ou hébergements.

Même si nous ne pouvons que nous satisfaire de la reconduction de l’axe qui permet d’offrir un dispositif d’accueil adapté et choisi, nous souhaiterions avoir des éléments plus précis  sur la nature des offres et la quantification de celles-ci. Par exemple, il est indiqué concernant l’autisme, que le Département prévoit 9 places en foyer d’accueil médicalisé, question : d’ici 2025 ? Est-ce vraiment sérieux ? Concernant l’autisme notre département a besoin d’un plan ambitieux afin d’éviter les placements hors département ou à l’étranger. C’est donc de 300 places dont nous avons besoin pour répondre à l’attente des familles.

Pour finir, nous avons regardé très attentivement la question du droit au répit.

 

Tous les jours je rencontre des personnes qui font ce qu’elles peuvent pour accompagner des êtres qui leurs sont chers : enfants handicapés, conjoints, parents vieillissants… il y a urgence, toutes les familles sont touchées par ce phénomène.

L’ensemble des associations que j’ai rencontrées sur le sujet partagent unanimement l’idée de la nécessité et de l’urgence de mettre en place un statut du proche aidant.

Donner des droits à la personne aidante c’est aussi reconnaitre des droits à l’aidé et repousser les culpabilités des uns et des autres.

Ainsi la mise en place d’un réseau « les aidants du 13 » est un pas en avant. Comme l’a été la mise en place d’Inter –Parcours proposé par Joël Dutto.  Mais il faut aller plus loin et l’Etat a une responsabilité !

Je vous ai adressé – comme à mes collègues Présidents de groupes – il y a quelques jours,  la copie du courrier que j’ai fait à Madame Buzyn, Ministre de la santé et des solidarités concernant la situation des aidants.

Mon ami Pierre Dharreville, député des Bouches du Rhône, et son groupe à l’Assemblée ont déposé une proposition de loi sur la question.  Comme je l’ai indiqué à Madame la Ministre ce projet mérite d’être soutenu pour le bien de tous et j’invite notre Assemblée à le faire. Dans le cadre de mon mandat au Département je constate l’urgence d’une telle décision.

Il ne s’agit pas de se construire une bonne conscience mais de travailler à une société inclusive et cela pour tous.

C’est vrai que décider d’aller dans ce sens, c’est des moyens !

Mais une société moderne n’a-t-elle pas le devoir d’accompagner tous ses citoyens dans la dignité ? Et permettre cela n’est-ce pas favoriser l’inclusion de tous donc l’égalité pour tous: une valeur de notre République trop souvent écornée.

Ce choix c’est, comme le souligne Yves Pillant, de faire entendre que : «  la différence de chacun doit bénéficier à tous, chacun étant considéré dans une citoyenneté où il devient ressource pour les autres » 

Vous le voyez nous sommes très intéressé-es par ce sujet. Bien que ne sachant pas encore la forme que prendra la mise en place du comité de pilotage qui va suivre ces engagements, nous sommes disponibles pour y participer.

Je vous remercie.

Séance Publique du 30 mars 2018 au Conseil Départemental: Plan HANDI-PROVENCE 2025- Déclaration de Claude JORDA.

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