FRAU CG 01Madame la Présidente,

Chers Collègues,

Les évènements dramatiques des derniers jours  nous obligent à poursuivre et amplifier l’action de notre collectivité en matière de développement durable et nous indiquent que  cette question doit être au cœur de nos choix et de toutes les politiques publiques. Le rapport du GIEC publié le 8 octobre tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme.

Les  inondations de l’Aude – je tiens d’ailleurs apporter tout mon soutien et celui de mon groupe aux victimes et remercier les sapeurs-pompiers qui se sont déplacés pour porter secours – nous alertent sur le réchauffement climatique bien sûr mais également sur l’aménagement du territoire et sur nos pratiques individuelles et collectives.

L’agenda 21 est un outil qui peut nous faire progresser et nous ne pouvons que nous féliciter de l’implication de notre collectivité dans le cadre de l’agenda 21.

Le rapport présenté fait état de nombreuses actions, relevant pour certaines plus ou moins du Développement Durable notamment au titre du cercle vertueux entre écologie, économie et social.

Néanmoins, puisque nous sommes déjà dans le débat budgétaire – ce rapport en étant un préalable – je vais donc axer mon propos sur une question qui fait pleine page dans les médias depuis quelques jours mais que nous n’allons voter que cet après-midi en CP !

Je parle bien sûr de  l’aide à l’acquisition de voitures électriques !

Il est très inquiétant pour notre Assemblée et pour la démocratie de voir annoncer dans la presse – avant même que celle-ci soit votée par les élu-es de la République – une décision du Département.

Ensuite, la publicité laisse entendre que cette prime est conjointe aux deux institutions alors que la Métropole ne participe qu’à l’aménagement des bornes électriques sur la voie publique.

Concernant l’aide proprement dite, nous pensons que tant que cette aide est allouée aux communes, aux administrations, voire aux entreprises pour électrifier leurs flottes de véhicules cela peut être une bonne chose.

Mais il s’agit là d’une prime allouée aux particuliers, sans conditions de ressources, qui se cumule avec une aide de l’Etat de 6 000 euros.

Le problème est que si les véhicules électriques n’émettent pas de CO2, ils ne sont pas si écologiques que cela puisque les émissions de CO2 nécessaires à leurs fabrications produit un bilan carbone proche de celui des véhicules thermiques, que le recyclage des batteries au lithium reste problématique tout autant que l’éco-toxicité de l’extraction de celui-ci tout autant que le cobalt ou le nickel qui pourraient remplacer le lithium.

Enfin, la consommation électrique n’est pas neutre, on le voit avec le développement des climatisations individuelles et collectives dans une période où les uns ferment la centrale de Gardanne, les autres voudraient fermer la centrale hydraulique de saint Chamas, d’autres encore les centrale nucléaires sans que les choix majeurs de transition énergétiques n’aient été faits.

Et puis, s’il faut tourner le dos aux véhicules durement émetteurs de particules fines, la voiture électrique ne résoudra pas la question des embouteillages.

Nous allons donc avoir 1000 voitures électriques par an, au minimum et autant de bornes de recharge qui seront ainsi déployées dans les 5 ans pour un coût global de 25 000 000 €.

Si nous voulons investir des sommes pareilles, qui vont être croissantes, alors finançons des transports gratuits : Nous serons à la fois dans notre rôle social, nous nous adresserons à toutes les populations, nous réduirons les embouteillages et nous agirons concrètement pour la planète.

Car une autre culture des déplacements économes en carbone c’est un Service Public des transports de qualité et gratuit.

En juin dernier ma collègue Aurore Raoux est intervenue sur la situation des collégiens. Et nous avons proposé avec notre groupe comme l’ont fait mes collègues à la Métropole la gratuité des transports scolaires à minima.

Ne croyez-vous pas que ce geste aurait été plus efficace pour la planète, les déplacements et la situation des familles dans notre département ?

Je vous remercie,

 

Seul le prononcé fait foi

Séance Publique du 19 Octobre 2018 : Intervention de Monsieur Gérard FRAU – Rapport N°2 – Rapport 2017 sur la situation en interne du Département des Bouches du Rhône en matière de développement durable.

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