Claude JordaLa semaine dernière un homme est mort. Il avait 35 ans…il n’a eu ni obsèques nationales ni les honneurs de la télévision. Il a succombé dans l’incendie du bidonville dans lequel il habitait au cœur de la deuxième ville de France. Un bidonville qui accueille aussi des enfants qui vivent à nos portes dans le froid.

Cette situation est devenue intolérable. Dans notre pays on estime le nombre de personnes sans domicile (ni fixe ni itinérant) à environ 150 000. Depuis des dizaines d’années, au lieu de s’améliorer, la situation n’a cessé de s’aggraver. Elle touche bien sûr les populations émigrées et Roms, mais aussi des femmes et des hommes fracassé-e-s par « la loi du marché » qui ont perdu leur emploi et leurs repères ou sont atteints de maladies mentales.

« La solution » trouvée par certains préfets est de faire retirer leur couverture ou leur duvet aux SDF -puisque leur identité est désormais réduite à un sigle- pour qu’ils ne « s’installent pas ».

Les associations de solidarité, dans leur grande diversité, ont dénoncé cet acharnement.

De la même manière elles ont quitté la réunion initiée par le ministre de l’Intérieur pour organiser le fichage  des migrants en centres d’hébergement. Pour les associations, le recensement « franchit trois lignes rouges: l’accueil inconditionnel, le non-respect de la loi informatique et libertés si on nous demande de transmettre des listes, et d’éventuelles interventions de la police dans les centres », a averti M. Doutreligne, président de l’UNIOPSS (Union nationale d’associations sanitaires et sociales).

Cette situation de pauvreté – qui va s’aggraver avec la politique de restriction des dépenses sociales et de casse des droits des salarié-e-s d’Emmanuel MACRON – et les mesures de chasse aux pauvres qu’il initie sont indignes de notre pays. Elles nous concernent tout-e-s.

 

Le Département dont la solidarité est une des compétences majeures doit, pour ce qui lui revient, mettre en place des dispositifs pour éviter que le froid et la misère ne fassent de nouvelles victimes dans les prochains jours dans les Bouches du Rhône.

 

Marseille le 12 décembre 2017

Communiqué Claude Jorda – 2017 : la misère tue encore…

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